Billets de dongs vietnamiens en éventail avec des bagues en or posées dessus

Fiscalité au Vietnam pour un Français : résidence, barème et convention fiscale

Publié le Mis à jour le

Seuil de présence qui fait de vous un résident fiscal vietnamien
183 jours
Barème progressif des salaires des résidents, en 5 tranches
5 à 35 %
Abattement personnel mensuel, soit environ 545 €
15,5 M ₫

Un Français qui vit au Vietnam devient résident fiscal vietnamien à partir de 183 jours de présence et y paie l'impôt sur ses revenus mondiaux, au barème progressif de 5 à 35 %. Il peut pourtant rester résident fiscal français si son foyer ou ses intérêts économiques y demeurent. La convention du 10 février 1993 répartit alors les impôts revenu par revenu. Voici les règles de 2026 : barème, convention, déclarations des deux pays, cotisations et immobilier.

Résident fiscal au Vietnam : la règle des 183 jours

Vous êtes résident fiscal vietnamien si vous remplissez l'un des deux critères suivants, selon la synthèse fiscale de PwC revue le 23 septembre 2026.

  • Présence de 183 jours ou plus au Vietnam pendant l'année civile, ou sur 12 mois consécutifs à compter du jour de votre arrivée.
  • Résidence permanente : un logement enregistré au Vietnam, ou une maison louée avec un bail à durée déterminée. La source ne précise pas davantage cette notion.

Si vous n'en remplissez aucun, vous êtes non-résident et imposé à 20 % sur vos revenus d'emploi de source vietnamienne, sans barème ni abattement. Pour une première année en cours d'année, la période fiscale peut commencer à votre date d'arrivée et couvrir 12 mois, si vous n'avez pas atteint 183 jours dans l'année civile. Les jours de visa, d'exemption de 45 jours ou de carte de résidence temporairene changent rien : c'est la présence physique qui compte, pas le statut d'immigration.

Un résident fiscal est imposé sur ses revenus mondiaux, y compris les loyers et les salaires perçus en France. La convention franco-vietnamienne et la résidence fiscale française interviennent à ce stade (voir plus bas).

Barème de l'impôt sur le revenu au Vietnam en 2026

La loi n° 109/2025/QH15, adoptée par l'Assemblée nationale le 10 décembre 2025, remplace celle de 2007 et ramène le barème de sept à cinq tranches. Elle entre en vigueur le 1er juillet 2026, mais ses règles sur les revenus de salaires des résidents s'appliquent dès la période fiscale 2026. Le barème mensuel est le suivant (conversion à 28 441 ₫ pour 1 €, taux Vietcombank du 30 octobre 2026).

Revenu imposable par moisÉquivalent annuelEnviron en euros par moisTaux
Jusqu'à 10 millions ₫Jusqu'à 120 millions ₫Jusqu'à 352 €5 %
10 à 30 millions ₫120 à 360 millions ₫352 à 1 055 €10 %
30 à 60 millions ₫360 à 720 millions ₫1 055 à 2 110 €20 %
60 à 100 millions ₫720 millions à 1,2 milliard ₫2 110 à 3 516 €30 %
Plus de 100 millions ₫Plus de 1,2 milliard ₫Plus de 3 516 €35 %

Source · PwC Worldwide Tax Summaries, Vietnam, « Taxes on personal income », revue le 23 septembre 2026. Rödl & Partner, février 2026. Vietnam News, 10 décembre 2025.

Ces taux s'appliquent au revenu imposable, donc après les déductions suivantes.

  • Abattement personnel de 15,5 millions ₫ par mois (environ 545 €), accordé automatiquement à tout résident fiscal, contre 11 millions avant la réforme.
  • 6,2 millions ₫ par personne à charge et par mois (environ 218 €), contre 4,4 millions avant. Il faut déclarer chaque personne à charge et fournir des justificatifs.
  • Cotisations obligatoires d'assurance sociale, de santé et de chômage, et dons à certaines associations agréées.

Exemple chiffré : pour un revenu imposable de 60 millions ₫ par mois (environ 2 110 €), l'impôt est de 10 millions × 5 % + 20 millions × 10 % + 30 millions × 20 %, soit 8,5 millions ₫ (environ 299 €). Les autres revenus ne suivent pas ce barème : la vente d'un bien immobilier, les intérêts ou les dividendes ont leurs taux propres (voir la section sur l'immobilier). La retenue mensuelle de l'employeur au premier semestre 2026 relève de textes d'application : demandez-lui quel barème figure sur votre fiche de paie.

Calculatrice posée sur une feuille de tableaux et de graphiques, avec un stylo sur un bureau
Le calcul se fait sur le revenu imposable, après abattements et cotisations. · Photo : Pexels

Convention fiscale France-Vietnam : qui impose quel revenu ?

La convention a été signée à Hanoï le 10 février 1993, approuvée par la loi n° 94-323 du 25 avril 1994 et entrée en vigueur le 1er juillet 1994. Elle porte sur les impôts sur le revenu et sur la fortune, pas sur les successions. Le tableau résume les articles utiles à un particulier, d'après le texte publié par l'administration fiscale française.

RevenuQui peut l'imposerArticle
Salaire d'un emploi exercé au VietnamLe Vietnam. Exception : séjour de 183 jours au plus sur 12 mois, employeur non vietnamien et salaire non supporté par un établissement stable au Vietnam, alors seul le pays de résidence impose.14
Activité indépendante (profession libérale)Le pays de résidence, sauf si vous disposez habituellement d'une base fixe dans l'autre pays.13
Loyers d'un bien immobilierLe pays où se trouve le bien.6
Plus-value sur un bien immobilierLe pays où se trouve le bien. Les autres plus-values relèvent du pays de résidence du vendeur.12
DividendesLe pays du bénéficiaire, avec une retenue à la source plafonnée dans le pays de la société.10
Redevances (droits d'auteur, brevets)Le pays du bénéficiaire, avec une retenue plafonnée à 10 % dans le texte de 1993.11
IntérêtsPas d'article propre : le protocole les rattache aux « autres revenus », imposables dans le seul pays de résidence.20 et protocole 4
Pension de retraite du secteur privéLe seul pays de résidence du retraité.17
Pension versée par un État (ancien fonctionnaire)L'État qui la verse, sauf si le retraité réside dans l'autre pays et en a la seule nationalité.18

Source · Convention France-Vietnam du 10 février 1993, texte sur impots.gouv.fr. Les plafonds de retenue sur les dividendes et les redevances ont été abaissés ensuite par la clause de la nation la plus favorisée du protocole : la doctrine fiscale (BOFiP, BOI-INT-CVB-VNM) donne 10 % pour les dividendes versés par une société vietnamienne à un particulier.

Comment la France évite la double imposition

L'article 22 retient la méthode du crédit d'impôt. Pour un salaire ou des loyers imposés au Vietnam, le crédit est égal à l'impôt français correspondant : ces revenus ne sont pas taxés une seconde fois en France, mais ils comptent pour fixer le taux de vos autres revenus. Pour les dividendes, les redevances et les plus-values immobilières, le crédit est égal à l'impôt payé au Vietnam, dans la limite de l'impôt français correspondant. De son côté, le Vietnam déduit l'impôt payé en France. Gardez vos avis d'imposition vietnamiens, ils justifient le crédit.

Rester résident fiscal français en vivant au Vietnam

Déménager ne suffit pas à échapper au fisc français. Selon l'article 4 B du Code général des impôts, relayé par impots.gouv.fr, vous restez domicilié fiscalement en France si l'un de ces critères est rempli.

  • Votre foyer (conjoint ou partenaire de PACS, enfants) reste en France, même si vous travaillez à l'étranger. Sans foyer, c'est votre lieu de séjour principal qui compte.
  • Vous exercez une activité professionnelle en France, salariée ou non, sauf si elle est accessoire.
  • Le centre de vos intérêts économiques est en France : principaux placements, siège de vos affaires ou source de la majorité de vos revenus.

Vous pouvez donc être résident fiscal des deux pays. L'article 4 de la convention départage alors dans cet ordre : le foyer d'habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques), puis le séjour habituel, puis la nationalité, puis un accord entre les administrations. Un salarié d'une entreprise vietnamienne dont la famille vit avec lui à Hô Chi Minh-Ville dépend en général du Vietnam. Celui qui a laissé conjoint et enfants en France peut rester rattaché à la France.

Si vous devenez non-résident fiscal français

L'année du départ, vous êtes imposé comme un résident jusqu'à la date du départ, puis comme un non-résident. Vous n'êtes ensuite imposé en France que sur vos revenus de source française (loyers d'un bien resté en France, pensions publiques, par exemple). Votre dossier relève du service des impôts des particuliers non-résidents. Pour qui possède un bien en France, la taxe foncière reste gérée par le service des impôts de la commune du bien.

Passeport posé sur une table en bois à côté d'un petit avion jouet et d'un chapeau de paille
Le passeport ne dit rien de votre résidence fiscale : ce sont le foyer, les revenus et les jours de présence qui comptent. · Photo : Pexels

Déclarer ses impôts au Vietnam : numéro fiscal et calendrier

Toute personne ayant des revenus imposables doit s'enregistrer et recevoir un code fiscal personnel, étrangers compris. Le calendrier dépend de votre situation, selon PwC.

  • Salarié d'un employeur vietnamien : l'employeur retient l'impôt chaque mois et déclare chaque trimestre, au plus tard le dernier jour du mois suivant le trimestre. La régularisation annuelle de l'employeur est due avant la fin du 3e mois de l'année suivante. Celle du particulier tombe avant la fin du 4e mois, soit le 30 avril.
  • Revenus hors emploi (loyers, indépendant) : chaque type de revenu donne lieu à sa propre déclaration et à son propre paiement.
  • Fin de mission : un expatrié salarié doit régulariser son impôt lors de son départ définitif du Vietnam. Pensez à cette démarche avant de quitter le pays, surtout si votre carte de résidence temporaire expire.

L'administration fiscale vietnamienne fixe les dates de dépôt et les formulaires, et les textes d'application de la nouvelle loi peuvent les modifier. Vérifiez-les auprès de votre employeur, de votre comptable ou du bureau des impôts local avant chaque échéance.

Déclarer ses revenus en France depuis le Vietnam

Le taux minimum d'imposition s'applique aux non-résidents imposés en France : 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable, puis 30 % au-delà, pour les revenus de 2025 (article 197 A du CGI). Si votre taux moyen mondial est plus bas, vous pouvez demander le taux moyen : vous déclarez alors vos revenus mondiaux (case 8TM de la déclaration 2042 C, justifiés par le formulaire 2041 TM ou votre avis d'imposition vietnamien) et il ne s'applique qu'à vos revenus de source française. L'administration l'accorde seulement s'il est plus favorable.

Un résident fiscal français qui possède un compte bancaire au Vietnam doit le déclarer chaque année (article 1649 A du CGI, formulaire 3916). L'amende est de 1 500 € par compte non déclaré, et de 10 000 € dans certains cas, selon la réponse du Gouvernement publiée à l'Assemblée nationale le 20 octobre 2026. L'obligation vise les contribuables domiciliés en France : elle disparaît avec le statut de non-résident.

Le départ peut aussi déclencher l'exit tax pour les détenteurs de participations importantes. L'administration le détaille dans sa rubrique « Je pars à l'étranger ». Le service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR, Noisy-le-Grand) répond aux questions des expatriés.

Cotisations sociales et assurance santé d'un Français au Vietnam

Les cotisations ne sont pas un impôt, mais elles se déduisent du revenu imposable. Au Vietnam, un étranger titulaire d'un permis de travail et d'un contrat vietnamien d'au moins un an cotise à l'assurance sociale : 8 % à la charge du salarié et 17,5 % à celle de l'employeur. L'assurance chômage est réservée aux Vietnamiens, d'après PwC.

L'assurance santé vietnamienne (BHYT) est obligatoire pour un étranger sous contrat d'au moins 12 mois avec un employeur vietnamien depuis le 1er juillet 2025 (loi n° 51/2024/QH15, article 12.1.c). Les cotisations sont de 1,5 % pour le salarié et de 3 % pour l'employeur. Un indépendant, un retraité ou un télétravailleur n'est pas concerné par cette obligation et doit se couvrir lui-même : l'assurance voyage n'est pas exigée pour entrer au Vietnam, mais France Diplomatie juge impératif de couvrir frais médicaux et rapatriement. Comparez les offres sur le comparateur d'assurance et lisez le guide d'expatriation.

Côté français, la Caisse des Français de l'Étranger (CFE) propose aux expatriés des assurances santé, retraite et risques professionnels, avec plusieurs offres selon l'âge et la situation familiale. Si vous vivez au Vietnam avec un budget serré, consultez aussi le coût de la vie au Vietnam.

Impôts sur l'achat, la location et la revente d'un bien au Vietnam

Un étranger peut posséder un logement, jamais le terrain : les conditions sont détaillées dans notre guide pour acheter un logement au Vietnam. Côté impôts, trois points comptent.

  • Revente : l'impôt porte sur 2 % du prix de vente, et non sur la plus-value, pour un résident comme pour un non-résident (PwC). La convention réserve l'imposition de la plus-value au Vietnam, avec un crédit d'impôt en France.
  • Location : les loyers sont assimilés à un revenu d'activité, imposable au-delà d'un seuil annuel. La réforme de 2025 a relevé les seuils : 500 millions ₫ de chiffre d'affaires pour les activités des ménages selon KPMG et Rödl, 1 milliard ₫ pour les loyers dans la synthèse PwC de septembre 2026. Le taux et le seuil exacts de votre bail sont à confirmer auprès d'un comptable avant de louer.
  • Héritage et donation : 10 % au-delà de 20 millions ₫. Il n'existe pas d'impôt sur la fortune.

Les loyers perçus en France, eux, restent imposables en France même si vous résidez au Vietnam : ils suivent le taux minimum décrit plus haut.

Questions fréquentes sur la fiscalité au Vietnam

Quel est l'accord fiscal entre la France et le Vietnam ?

C'est la convention signée à Hanoï le 10 février 1993, entrée en vigueur le 1er juillet 1994, qui évite la double imposition des impôts sur le revenu et sur la fortune. Elle désigne le pays qui peut imposer chaque type de revenu (salaires, loyers, dividendes, pensions) et prévoit, côté français, un crédit d'impôt. Elle ne couvre pas les droits de succession.

Quel est le taux d'imposition au Vietnam pour un salarié résident ?

Le barème progressif du salarié résident compte cinq tranches : 5 % jusqu'à 10 millions de dongs de revenu imposable par mois, puis 10 %, 20 %, 30 % et 35 % au-delà de 100 millions. Le revenu imposable s'obtient après l'abattement personnel de 15,5 millions de dongs par mois et la déduction des cotisations sociales obligatoires. Un non-résident paie 20 % sur ses revenus d'emploi.

Quelle fiscalité pour un expatrié français au Vietnam ?

Tout dépend d'abord de sa résidence fiscale. À partir de 183 jours de présence, il est résident fiscal vietnamien et imposé sur ses revenus mondiaux au barème progressif. S'il conserve son foyer ou le centre de ses intérêts économiques en France, il peut rester résident fiscal français, et la convention tranche alors le conflit. Un conseiller fiscal doit valider chaque situation.

Est-il possible pour un Français de prendre sa retraite au Vietnam, et comment sa pension est-elle imposée ?

Rien n'interdit de s'y installer, à condition d'avoir un titre de séjour adapté (voir la carte de résidence temporaire). Côté impôt, la convention réserve l'imposition d'une pension privée à l'État de résidence du retraité. Une pension versée par l'État français à un ancien fonctionnaire reste en revanche imposable en France, sauf si le retraité a la nationalité vietnamienne sans la française. La qualification de chaque pension se fait avec un conseiller.

Quand faut-il faire sa déclaration d'impôt au Vietnam ?

Les salariés voient l'impôt retenu chaque mois par leur employeur. La régularisation annuelle d'un particulier se fait au plus tard le dernier jour du quatrième mois de l'année suivante, soit le 30 avril. L'employeur dispose d'un mois de moins pour la sienne. Un expatrié salarié doit aussi régulariser son impôt à la fin de sa mission, lors de son départ définitif.

Le Vietnam a-t-il un impôt sur la fortune ou sur l'héritage ?

Il n'y a pas d'impôt sur la fortune. Les héritages et donations sont en revanche imposables à 10 % au-delà de 20 millions de dongs. La TVA normale est de 10 %, avec une baisse temporaire de 2 points jusqu'en décembre 2026 pour certains biens et services. Une succession ouverte en France relève du droit français, que la convention de 1993 ne couvre pas.